Si votre façon de trouver des clients était d’acheter un fichier et de décrocher le téléphone, elle est devenue illégale le 11 août. Ce n’est pas une nuance juridique : c’est un canal qui ferme du jour au lendemain, pour tous ceux qui vendent aux particuliers. La vraie question n’est pas ce que dit la loi, c’est par quoi la remplacer.
Ce qui a changé, en trois phrases
Jusqu’au 10 août, on pouvait appeler tout le monde sauf les inscrits à Bloctel. Depuis le 11 août, le silence vaut refus : il faut l’accord de la personne avant de composer son numéro, et c’est à vous de prouver que cet accord existe.
C’est l’article 13 de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025, qui a réécrit l’article L. 223-1 du code de la consommation. L’accord vaut un an au maximum et ne se reconduit pas tout seul. Détail qui piège beaucoup de monde : vous ne pouvez pas appeler pour demander cet accord, l’appel est déjà l’infraction.
Bloctel ne vous protège plus
Nettoyer son fichier avec la liste d’opposition était la précaution de référence. Elle ne sert plus de bouclier : un numéro absent de Bloctel n’est pas pour autant un numéro que vous avez le droit d’appeler.
Êtes-vous concerné ?
Le texte est dans le code de la consommation : il protège les particuliers. C’est toute la distinction.
| Vous appelez… | Régime | En clair |
|---|---|---|
| Un particulier | Consentement préalable | Interdit sans accord recueilli avant l’appel |
| Un professionnel artisan, commerçant, société | Hors du champ de ce texte | Reste possible, dans le respect du RGPD |
| Votre client actuel | Exception prévue | Autorisé si l’appel porte sur le contrat en cours |
| Rénovation énergétique, CPF | Secteurs fermés | Interdit même avec l’accord de la personne |
Cuisiniste, paysagiste, couvreur, plombier, photographe : si vos clients sont des particuliers, votre fichier d’appels est inutilisable depuis le 11 août. Si vous vendez à des entreprises, rien ne change pour vous.
Par quoi remplacer le téléphone
Quatre canaux restent ouverts. Ils ne se valent pas, et l’ordre ci-dessous est celui du rendement pour un artisan local.
1. Être trouvé au lieu d’aller chercher
C’est le remplacement direct, et le seul qui travaille pendant que vous êtes sur le chantier. Quand quelqu’un tape « plombier Mérignac » ou « cuisiniste Bordeaux », il a déjà le projet en tête : il ne reste qu’à être là. Deux briques, dans cet ordre :
- La fiche Google. Gratuite, et c’est elle qui décide qui apparaît dans les trois résultats du bloc carte. Catégorie exacte, horaires justes, photos récentes, et des avis. C’est le plus rentable de tout ce qui existe pour un métier local.
- Un site qui charge vite sur mobile. Sans lui, la fiche plafonne : le bouton « Site Web » est le deuxième plus cliqué, et c’est le lien qui associe votre domaine à votre fiche aux yeux de Google. C’est aussi la page qui répond aux questions que vous n’avez plus le droit de poser au téléphone : vos prix, votre zone, vos délais, vos chantiers.
2. Les avis de vos clients passés
Ce sont eux qui font remonter la fiche, et ce sont eux que lit le prospect avant d’appeler. Le fichier que la loi ne vous a pas retiré, ce sont vos anciens clients : demandez-leur un avis, le jour de la fin du chantier, pas trois mois après.
3. La visite physique
Pousser la porte d’un commerce n’est pas du démarchage téléphonique. Pour beaucoup de métiers locaux, c’est de toute façon le canal qui transforme le mieux, et il est resté entièrement légal.
4. L’email vers un professionnel
Il ne demande pas d’accord préalable, à trois conditions : que le message concerne le métier du destinataire, que vous soyez identifiable et disiez d’où vient l’adresse, et qu’un lien de désinscription soit honoré immédiatement.
Un site qui vous amène des demandes
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Ce que vous risquez si vous continuez
L’amende de la DGCCRF peut atteindre 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une société, et la sanction peut être publiée à vos frais.
Il y a plus gênant que l’amende : le contrat signé après un appel non consenti est nul. Un client mécontent six mois après le chantier n’a plus besoin de démontrer un vice ; il lui suffit de rappeler comment le contact a commencé.
Et déléguer ne protège pas. Le professionnel au bénéfice duquel l’appel est passé est présumé responsable, y compris quand l’appel vient d’un centre d’appels sous-traitant. Si vous envisagez de confier votre prospection à une société extérieure, cette phrase mérite d’être relue deux fois.
Quoi faire cette semaine
- Regarder qui vous appelez : des particuliers, des professionnels, ou les deux mélangés dans le même fichier.
- Si ce sont des particuliers, arrêter les appels à froid et vérifier ce que fait en votre nom un éventuel prestataire.
- Ouvrir votre fiche Google et regarder ce qui manque : le lien du site, les horaires, les photos, les avis.
- Demander un avis à vos trois derniers clients satisfaits. C’est gratuit et c’est le levier le plus rapide.
- Ajouter une case de consentement explicite, décochée, sur votre formulaire et vos devis, et en conserver la trace.
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Sources
Loi n° 2025-594 du 30 juin 2025, article 13 · article L. 223-1 du code de la consommation dans sa rédaction en vigueur au 11 août 2026 · article L. 242-16 pour le montant des amendes. État du droit au 9 septembre 2026 ; cet article ne remplace pas l’avis d’un avocat sur votre situation.